Repenser l’inclusion des genres dans les espaces d’activité physique

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Un groupe diversifié de filles se tient en cercle sur un terrain de football, vêtues de leurs maillots d'équipe, les mains jointes au centre.

En mai 2026, Ophea et Femmes et sport au Canada ont animé deux webinaires portant sur l’équité des genres en éducation physique et santé (ÉPS) ainsi que dans l’ensemble des espaces d’activité physique au quotidien. Si vous n’avez pas pu y assister en direct, les enregistrements complets de ces séances sont désormais accessibles sur la chaîne YouTube d’Ophea : 

Ces webinaires (en anglais) prenaient la forme d’échanges avec six spécialistes qui ont fait part de leurs perspectives et de leurs diverses expériences dans les domaines de la santé mentale, de la recherche et du sport en milieu scolaire. Leurs connaissances sont si vastes que nous poursuivrons la discussion avec ces personnes par l’entremise d’une série de blogues tout au long de l’été!


Sarah Succee, Marika Warner et Yumi Lee ont partagé quelques conseils pour créer des environnements inclusifs pour tous les genres en éducation physique et santé (ÉPS). 

« La création d’espaces accueillants pour les filles, les jeunes femmes et les jeunes de diverses identités de genre en ÉPS, dans les sports d’équipe et les activités physiques ne se résume pas à une seule stratégie; il s’agit plutôt d’intégrer une démarche réfléchie dans tout ce que nous faisons. De petits changements simples peuvent transformer l’ambiance d’un milieu. Lorsqu’on donne véritablement la parole aux élèves, en établissant les règles de vie avec eux et en redéfinissant la réussite, l’activité cesse d’être un programme imposé, mais une expérience que l’on construit ensemble. »  

– Sarah Succee, conseillère pédagogique en ÉPS et en éducation en plein air et environnementale 

« Un petit changement concret qui priorise ce qui compte vraiment pour les personnes participantes peut faire TOUTE la différence. » 

– Marika Warner, Directrice général, MLSE LaunchPad

Mais dans les faits, comment ces petits changements prennent-ils forme? 

Pratiques quotidiennes pour favoriser l’inclusion en ÉPS 

Cercle d’échange sur le bien-être 

« Placez-vous en cercle et faites trois tours de parole; à chaque passage, chaque personne choisit un seul mot pour décrire son état physique, émotionnel et mental. Cela offre aux filles et aux jeunes de diverses identités de genre un espace où il est acceptable de ne pas être au sommet de leur forme, compte tenu de leurs réalités quotidiennes, y compris leur cycle menstruel. Le fait de réaliser cet exercice avant et après un cours ou un entraînement permet de souligner les effets immédiats de l’activité. » 

– Marika 

Créer un climat de soutien 

« Pour faire suite à l’idée de cercle proposée par Marika, invitez les personnes à exprimer leurs pensées et leurs sentiments préalables par rapport à l’activité physique. Dans mes cours de planche à roulettes, nous commençons souvent le trimestre en nommant une chose qui nous enthousiasme ou une chose qui nous intimide. Ça nous permet de comprendre d’emblée que c’est tout à fait normal d’avoir peur, et que tout le monde est là pour s’épauler et se soutenir. » 

– Yumi Lee, candidate à l’enseignement, cofondatrice de York Skateboarding et codirectrice de Queer Skate Toronto 

Bâtir des systèmes plus inclusifs 

Bien que les petites actions concrètes soient importantes, nos panélistes ont également souligné la nécessité d’appuyer ces efforts par des changements plus vastes, dans l’ensemble du système. 

« Il est essentiel d’éliminer les obstacles et de multiplier les occasions dans les sports et les activités physiques. Cependant, j’ai aussi constaté à quel point cette démarche peut manquer de cohérence sans un appui solide de la direction de l’école et du système scolaire. Sans financement, sans ressources et sans un message clair, une trop grande part du fardeau repose sur les épaules du personnel enseignant et des entraîneurs qui tentent de trouver des solutions par leurs propres moyens. » 

– Sarah 

« Un changement systémique n’implique pas toujours d’influencer les priorités gouvernementales ou de réformer les politiques publiques. Influencer l’offre d’activités d’un club de sport local ou changer une pratique dans son école, c’est aussi avoir un véritable impact sur le système. » 

– Marika  

« J’ai réalisé que les plus petits changements sur le terrain, dans notre propre communauté, font toute la différence. Les parcs de planche à roulettes dans ma collectivité sont aujourd’hui des milieux un peu plus inclusifs et bienveillants qu’avant mon arrivée. Maintenant, je m’efforce de ne plus rester les bras croisés face aux comportements inacceptables dans les espaces publics ou dans les cours d’ÉPS; j’interviens pour les dénoncer. 

Je pense aussi que nous devons faire preuve de prudence lorsque nous créons des espaces inclusifs si la direction, les entraîneurs et les participants ne sont pas prêts à emboîter le pas. À l’école secondaire, j’ai été la première fille à intégrer l’équipe de baseball. Or, l’ambiance y était froide et excluante, ce qui m’a poussée à abandonner assez rapidement. L’équipe n’était tout simplement pas prête à accueillir une fille. Cette expérience a eu des répercussions négatives sur mon estime de soi et sur mon attitude face au sport. On ne peut pas du jour au lendemain intégrer une fille dans une équipe de garçons; il y a tout un travail de préparation à faire en amont. » 

– Yumi 

Pistes de réflexion pour l’avenir 

Enfin, Sarah, Marika et Yumi ont partagé de judicieux conseils pour conclure, ainsi que quelques pistes de réflexion. 

« Ce n’est pas toujours facile, et l’expérience peut parfois nous faire sortir de notre zone de confort, mais de petits changements gérables en valent absolument la peine si l’on souhaite créer des milieux où chaque élève et chaque athlète ressent un véritable sentiment d’appartenance. Il y a eu des moments où l’impact de mes interventions n’a pas reflété mes intentions; j’ai dû désapprendre, réapprendre et essayer de nouveau. Ce cheminement me semble essentiel pour y parvenir, et honnêtement, c’est l’une des plus grandes leçons que je partagerais avec toute personne qui souhaite repenser son approche. 

Une question me revient toujours en tête : en tant qu’enseignants et entraîneurs, comment pouvons-nous mettre en place un milieu qui nous permet de toujours continuer à désapprendre et à réapprendre? L’objectif est que les expériences de mouvement inclusives et rassembleuses deviennent la norme dans les cours d’ÉPS et le sport, au lieu de reposer uniquement sur des initiatives individuelles. » 

– Sarah 

« Continuez de vous appuyer sur des données à jour, mais ne laissez pas les statistiques masquer ce que les jeunes de votre milieu vous disent sur le terrain. Enfin et surtout, assurez-vous d’y trouver VOUS AUSSI du plaisir : faire du plaisir et de la joie des principes fondamentaux, c’est tout aussi important pour les personnes qui encadrent les jeunes! » 

– Marika 

« Nous devons prendre du recul sur la manière dont on nous a enseigné, et reconnaître que certaines approches de l’époque n’ont pas eu des répercussions positives. Il y a encore beaucoup à désapprendre. Je suis tout à fait d’accord : ayez du plaisir. Quand les adultes responsables s’amusent, ça donne le ton : ça montre que le plaisir fait partie du jeu! » 

– Yumi 

Ressources recommandées 

Bien qu’elle ne soit pas exhaustive, la liste suivante regroupe des ressources et des programmes qu’Ophea, l’équipe d’animation et les panélistes du webinaire ont contribué à élaborer ou à mettre en œuvre. 

MLSE LaunchPad 

Femmes et sport au Canada 

Queer Skate Toronto et York Skateboarding 

Queer Skate Toronto (page web externe, en anglais) 

Ophea