Amorcer une conversation PENDANT une activité éducative en plein air

Comprendre le risque

Personne ne peut éviter constamment tous les dangers, mais il est prudent de prévoir le plus grand nombre possible de scénarios. Les élèves et leurs parents, tutrices ou tuteurs devraient également être conscients des risques auxquels elles et ils peuvent être exposés dans le cadre de certaines activités.

Voici quelques questions d’ordre général que le personnel enseignant peut poser aux élèves avant une activité pour les aider à mieux comprendre les risques :

  • Que ferons-nous avant l’activité d’aujourd’hui pour favoriser notre sécurité?
  • Quels sont les aspects sécuritaires de l’activité d’aujourd’hui qui relèvent de la responsabilité de chaque individu?
  • Quels sont les aspects sécuritaires de l’activité d’aujourd’hui qui relèvent de la responsabilité du groupe?
  • Quels sont les aspects sécuritaires de l’activité d’aujourd’hui qui relèvent de la responsabilité du membre du personnel enseignant et/ou de la surveillante ou du surveillant?

Études de cas

Voici quelques mises en situation qui peuvent être utilisées pour susciter des discussions et des réflexions sur diverses activités :

Chaleur

Anjalou fait une excursion de canot avec sa classe de 12e année. C’est une journée exceptionnellement chaude de fin septembre, et le groupe a pagayé toute la journée au soleil. Le personnel enseignant a rappelé au groupe de boire de l’eau à plusieurs reprises et, une fois au campement, il a offert aux élèves de se baigner pour se rafraîchir. Anjalou, toujours farceur, a décidé au lieu de nager, de faire de ses vêtements un drôle de costume avec une cape. Lui et quelques amis font rire tout le monde avec leurs bouffonneries. Mais Anjalou transpire abondamment, et bien qu’il porte sa bouteille d’eau avec lui, son chef remarque qu’il n’en a pas bu. Elle lui demande s’il a bu de l’eau récemment. Il lui répond qu’il va bien. Quelques minutes plus tard, elle lui rappelle de nouveau de boire, mais il lui fait signe qu’il n’en a pas envie. Au souper, Anjalou est très calme. Il ne veut pas manger, et dit qu’il n’a pas faim. Alors que tout le monde finit son repas, Anjalou se dirige vers la latrine en disant qu’il ne se sent pas bien. Un autre enseignant revient pour discuter de son état avec lui, et l’on découvre qu’il n’a bu que la moitié de sa bouteille d’eau depuis le petit déjeuner et qu’il ne transpire plus. Il se sent étourdi et a très mal à la tête.

Excursion pédestre avec sac à dos

Arielle et Léanne s’inquiètent de la prochaine étape de la randonnée de cinq jours de leur groupe à Killarney. Jusqu’à présent, elles ont réussi à suivre le rythme du groupe et se sentent plus fortes chaque jour. Après tout, les paires de chaussures de randonnée assorties qu’elles ont achetées la fin de semaine avant l’excursion leur vont très bien! Demain, elles escaladeront un pic élevé; un objectif du groupe et une occasion de photos à ne pas manquer. Mais elles commencent à sentir des points chauds sur leurs talons et ont des ampoules aux pieds. Leurs sacs semblaient anormalement lourds aujourd’hui. Lorsqu’elles installent leur campement pour la journée et qu’elles défont leurs bagages, elles découvrent qu’une grosse pierre a été mise dans chacun de leur sac à dos à leur insu. Elles sont presque sûres de savoir qui l’a fait, et elles espèrent que c’était une blague.

Natation

Le groupe a fait du kayak le long de la côte de la baie Georgienne toute la journée. Une fois le campement installé, le groupe est fatigué et a chaud. Tout le monde a hâte d’aller se baigner. Le personnel enseignant et les surveillantes/surveillants qui sont désignés comme sauveteurs sont encore en train de monter leur tente lorsqu’ils entendent des éclaboussures dans l’eau et le bruit des élèves qui sautent à l’eau. Alors qu’ils s’approchent de l’eau, ils sont surpris d’y voir un grand nombre d’élèves. Lorsqu’ils expriment leur inquiétude, les élèves leur disent que tout va bien, car une élève du groupe qui vient tout juste d’obtenir son brevet de sauveteuse a vérifié la zone avant que les élèves entrent dans l’eau.

Piqûres d’abeilles

Frank fait une excursion en canot avec sa famille. Il est très allergique aux piqûres d’abeilles. Alors qu’il explore les environs de leur campement, il marche sur une ruche d’abeilles sauvages dans un tronc d’arbre abattu. Il se fait piquer deux fois, ce qui provoque une réaction allergique grave. Sa famille n’a pas d’iridium ni de téléphone satellite à sa disposition. Ses parents lui donnent des doses de Benadryl, et réussissent à lui faire passer la nuit sans détresse respiratoire grave, mais sa respiration demeure très laborieuse et tendue. Le lendemain, tout le monde est épuisé et incapable de quitter le campement. La famille est heureuse d’avoir apporté des vivres supplémentaires, car il leur faudra probablement une journée de plus pour rentrer à la maison.

Ski de fond

Un groupe d’élèves d’éducation en plein air est enthousiaste à l’idée de faire une excursion scolaire de ski de fond dans un réseau local de sentiers pour la journée. Le membre du personnel enseignant circule sur les pistes pour superviser les élèves, qui ont été autorisés à explorer le réseau de pistes sans supervision directe, à condition qu’elles et qu’ils skient en groupe d’au moins trois personnes. Vers la fin de l’après-midi, un groupe de cinq personnes a déjà skié une partie importante de la piste, et a décidé d’essayer une dernière piste pour terminer la journée. Une fois sur place, elles et ils se rendent compte que la section de sentier choisie est très accidentée, et elles et ils n’ont que 45 minutes avant que l’autobus ne vienne les chercher. Alors qu’elles et qu’ils reviennent à la course, Natalia, Jose et Julian demeurent ensemble et gagnent rapidement du terrain. Malheureusement, Johan et Batisse constatent que la neige fraîchement tombée colle à leurs skis, ce qui les ralentit. Ils arrivent à une bifurcation dans le sentier et se rendent compte qu’ils ne peuvent pas déterminer la direction prise par le reste de leur groupe. La piste n’est pas balisée à cet endroit. Ils appellent leur groupe et utilisent leurs sifflets, mais n’obtiennent pas de réponse. Ils devinent quel sentier les ramènera à la base et le suivent aussi vite qu’ils le peuvent. Heureusement, ils reviennent quelques minutes après le reste de leur groupe, mais ce dernier n’a aucune idée à quel point ils étaient désorientés et inquiets sur le dernier tronçon de piste, ce qui provoque une certaine tension à la fin d’une journée autrement excellente.

Sports de pagaie

Votre groupe arrive à la fin d’un portage, avant de pagayer pour le dernier tronçon du parcours de la journée, ce qui vous mènera à un campement insulaire assez grand pour toute la classe. Les autres soirs, votre classe a été divisée en deux petits groupes. Ce site est, selon les dires des élèves depuis des années, le point culminant de l’activité où l’on célèbre la fin de l’excursion avant de pagayer pour rentrer le dernier jour. La manœuvre pour ce dernier tronçon commence dans un passage étroit, mais à mesure que votre groupe approche l’eau libre, il est évident que les vents s’intensifient considérablement. Il y a des crêtes d’écume blanche sur l’eau. Vous regardez vers un autre canot dans lequel une fille tremble de froid, et ne communique pas très clairement. Tout le monde est mouillé en raison du temps pluvieux et a hâte d’aller au campement. Il y a une petite pointe de terre tout près où votre groupe peut s’arrêter et prendre des décisions, mais elle ne semble pas de taille suffisante pour y camper tout le groupe. La nuit tombera dans trois heures. Votre groupe doit prendre des décisions rapidement.